Municipales. Moysan dans un fauteuil
Avec 57,44 % des suffrages, la liste de Daniel Moysan a infligé une large défaite à la socialiste Dominique Trétout. La droite l’emporte à Crozon. Sans discussion.
Il est 19 h 20. Jean Cornec, le maire sortant, vient d’annoncer le résultat du scrutin devant plusieurs centaines de personnes. Daniel Moysan grimpe triomphateur sur une estrade de fortune.
Bras au ciel, il profite pendant quelques secondes de l’ovation du public avant de se lancer : « J’ai préparé un discours, avoue-t-il. J’étais tellement sûr du résultat ! ». « Pas sympa pour
les autres », lâche une dame assise au premier rang. « Quand on s’engage, c’est pour gagner », ajoute le candidat divers-droite, histoire de tempérer cette entame cinglante pour une opposition
déjà abattue.
23 sièges pour Moysan contre 6 à l’oppositionAvec plus de 57 % des suffrages, l’équipe de Daniel Moysan remporte la mairie haut la main. Si sa victoire semble assez logique, compte tenu des
résultats du premier tour, l’écart impressionne. Dominique Trétout n’a pas réussi a comblé son retard. Pire, elle a perdu des voix sur le quartier de Tal-ar-Groas historiquement rattaché à la
gauche. Et s’est fait grignotée sur Le Fret, également théoriquement acquis à sa cause. Daniel Moysan attribue cette conquête à sa campagne de terrain menée « loin des sentiers obliques ».
Comprendre : des tracts, des rumeurs et des pratiques politicardes. Dominique Trétout ne s’explique pas encore cette défaite mais affirme « vouloir continuer à avancer avec une équipe qui a
bien travaillé ». La conseillère générale socialiste pourra profiter de six sièges de conseillers municipaux pour « être vigilant dans l’opposition ». Daniel Moysan, lui, récupère 23 sièges.
Une majorité confortable qu’il compte utiliser pour être : « Si le conseil le décide, le maire de tous et pas seulement celui d’un parti ». Voilà. C’est fini. Ou plutôt, ça commence. Daniel
Moysan devrait mener la commune pendant les six années à venir. La droite reprend la main à Crozon après le règne de Jean Cornec. Une page d’histoire se tourne.
Vincent Lastennet